Whisky sur mesure, bar église, clear ice et… KitKat tourbé

Nous y voilà ! Après des semaines de réflexions, distil.news est enfin « live » ! Ce premier numéro couvre l’essentiel de l’actualité cocktails, bars et spiritueux des 10 dernier jours, et j’espère qu’il vous plaira ! Si c’est le cas, pensez à vous abonner (c’est gratuit ⚡) afin de recevoir les prochains ! Et sur ce, ne tardons pas davantage, rentrons dans le vif du sujet !

Actualités marques et salons

Passoa passe intégralement sous pavillon hollandais. Remy Cointreau a cédé ses parts restantes à Lucas Bols pour 71,3 millions d’Euros.

Whisky Live a annoncé les dates de son édition 2021 : les 25-26-27 septembre prochain à la Grande Halle de La Villette (Paris). Une billetterie éphémère est d’ores et déjà en place jusqu’au 30 décembre 2020 avec des tarifs préférentiels en quantités limitées.

De son côté, prévu initialement en mars prochain à Düsseldorf, Prowein 2021 est finalement annulé. La prochaine édition ne se tiendra donc pas avant l’année suivante, à savoir du 27 au 29 mars 2022.

Trends

Les hommes n’ont pas le monopole du whisky. Aussi, Glenfiddich casse les codes dans sa dernière campagne où son égérie n’est autre qu’une femme, l’actrice britannique Michelle Dockery (Downton Abbey). Le tout a été shooté par le photographe de Vogue, Misan Harriman, au bar Lyaness (ex- Dandelyan) de Londres.

Glenfiddich x Michelle Dockery par Misan Harriman (Lyaness, Londres)

Forbes a listé les 4 principales tendances alcool de cet hiver selon le service de livraison Drizly. Parmi elles, vous vous en doutez, confinement oblige : les cocktails à la maison, et… les Hard Seltzers dont il est de plus en plus difficile d’échapper en France aussi (e.g. Fefe, Opean, Natz, Snowmelt, … Et il existe même un site français dédié à la catégorie).

Côté produits

Le Perchoir et ses terrasses, à défaut de pouvoir accueillir sa clientèle dans le contexte actuel, propose désormais sa propre marque de gin et vodka, en collaboration avec la Distillerie de Fontagard (Sud Ouest).

Côté innovation non chocolatées (cf. les Insolites plus bas) : Aymeric Roborel de Climens ajoute à son catalogue un nouveau whisky, affiné 10 mois en amphore !

Après Metallica ou, plus récemment encore, Kiss, c’est au tour du groupe GWAR de se lancer dans les spiritueux. Les vilains ont ainsi collaboré avec la distillerie Catoctin Creek (Virginie, USA) pour produire leur whiskey de seigle, le bien nommé « Ragnarök Rye » (du nom de leur 5e album).

La distillerie Foundry Distilling Company (Iowa, USA) propose pour sa part un programme assez unique de whisky sur-mesure. Le principe : vous concevez votre recette (le fameux mash bill) puis la distillerie la réalise avec vous. Une fois distillé, votre whiskey est réparti dans deux barriques. Un premier fût test de 5 gallons (19L) qui sera vieilli 6 à 9 mois et un deuxième fût de 30 gallons (113L) qui reposera pour sa part 2 à 3 ans (NB : aux USA, il n’est pas obligatoire de faire vieillir son eau de vie de céréales 3 ans minimum pour prétendre à l’appellation whiskey). Tout au long du processus, le client peut goûter l’évolution de ses fûts (quatre fois par an). Au final : 180 à 200 bouteilles seront ainsi produites pour vous, avec une étiquette personnalisée et de jolis souvenirs associés (photos, fûts personnalisés).

Foundry Distilling Company et son programme de whisky sur-mesure

Matières à réflexions

Un vin cher est-il forcément meilleur au goût ? Ou peut-on se méprendre entre un Pinot Noir à $18 et un Mouton Rothschild 1989 à $2000 ? La question est évidement rhétorique, car oui, c’est déjà arrivé. Mais était-ce juste une erreur singulière, ou ce résultat peut-il se répéter sur plusieurs milliers de dégustations à l’aveugle ? C’est ce qu’explore le blogueur Kent Hendricks à travers une multitude d’expériences impliquants aussi bien des professionnels que des amateurs. Spoiler : un ressort psychologique évident apparaît et la connaissance du prix (et d’autres facteurs extérieurs également) influe très clairement sur les notes attribuées. Les groupes tests ignorant le prix tendaient même à préférer en majorité les bouteilles les moins chères… Par conséquent, et puisqu’on parle spiritueux ici, il est sain de soutenir que la même chose peut s’appliquer au whisky, rhum, … De même que sur les décomptes d’âge. Ou la réputation de telle ou telle marque, distillerie, etc. L’équation plus vieux et / ou plus cher = meilleur n’a rien d’une vérité absolue. Et c’est tant mieux !

Les brasseurs font-ils de meilleurs whisky ? Ou posé autrement : lorsqu’ils se lancent dans le whisky artisanal, les brasseurs ont-ils un avantage sur les distillateurs de métier ? C’est très probable. Comme le souligne Larry Ebersold (anciennement Master Distiller chez Seagram’s et MGP), « you don’t make flavor in a still ». Autrement dit, c’est avant tout au moment de la fermentation, spécialité des brasseurs, que s’opère la magie et se révèle donc une part prédominante de la qualité du futur whisky. De plus, s’ils sont souvent de grands adeptes des expérimentations et innovations en tous genre, les « craft brewers » ont certainement beaucoup plus encore à apporter dans le domaine de la catégorie whisky. Une tendance à suivre de près quoi qu’il en soit.

To sample or not to sample ? Le podcast Single Cast dédié au rhum a sorti un nouvel épisode consacré à la question des échantillons, à savoir la division de bouteilles en samples à partager entre plusieurs acquéreurs. Entre autres sujets abordés : leurs avantages (e.g. accès à coût réduit à des rhums normalement hors de prix si achetés en solo) mais aussi de leurs inconvénients (e.g. expérience de dégustation un poil dégradée) ou même des questions morales / éthiques que ce phénomène soulève et des risques qui peuvent l’accompagner.

Approfondir ses catégories

Ethanol + Eau = Vodka. Mais encore ? A Bar Above se demande si toutes les vodkas se valent.

Vermouth, Quinquina, Americano, … Alcademics a publié un petit récap simple et efficace pour y voir plus clair sur les différences entre ces différentes catégories.

Ice Ice Baby!

Forest Collins (aka 52martinis.com) est allée à la rencontre de The Nice Company, la boîte de clear ice de Brittini Rae (ex Candelaria) et Joseph Biolatto (ex Le Forvm et Baton Rouge). On y apprend notamment que le couple propose des packs découvertes ainsi que des tampons personnalisés. Pour aller plus loin sinon, sachez que le trio a enregistré en mai dernier un podcast sur le sujet de la glace toujours, que vous pouvez évidemment encore écouter si pas déjà fait 🙂

The Nice Company, Paris

Pour aller plus loin encore, et si vous souhaitez cultiver votre côté geek, rappelons également que Cocktail Molotov a consacré en 2013 un article à la question de la « thermodynamique du shaker ». Autrement dit : qu’est ce qu’il se passe dans votre shaker (ou même verre a mélange) quand vous réalisez un cocktail avec des glaçons de qualité ? (Et pourquoi vous devez arrêter d’offrir des pierres à whisky, sauf si vous comptez accompagner votre cadeau d’un congélateur capable de les refroidir à -180°C…)

Aussi, pour conclure sur ce sujet glace pure en mode DIY : Liquor.com nous expliquait justement la semaine dernière comment faire de beaux glaçons transparents chez soi grâce à une glacière et la magie de la congélation directionnelle (directional freezing).

Insolite

Vous en rêviez (ou pas) ? KitKat l’a fait. La marque lance une version de sa barre chocolatée dont les fèves de cacao ont été vieillies durant six mois dans d’anciens fûts de whisky tourbé d’Islay.

KitKat version tourbée / whisky barrel aged

Votre consommation Netflix a décuplé en 2020 ? Sachez, si ce n’est pas encore le cas, que depuis Breaking Bad, Bryan Cranston et Aaron Paul (les deux héros de la série) sont devenus partenaires en business dans la vraie vie aussi. Ils ont ainsi lancé une marque de mezcal, Dos Hombres, dont ils font largement la promo sur leur compte Insta respectifs. Master of Malt revient plus en détail sur cette collaboration.

Qu’est-ce qu’on achète à Noël ?

Besoin d’inspirations cadeaux pour vos proches amateurs de malt, rye et cie ? Whisky Advocate a dévoilé ses 20 whiskies préférés de 2020. A noter tout de même que, ce média étant basé aux USA, les whiskeys américains y sont naturellement bien mis en avant. Ca change du tropisme très orienté Scotch whisky auquel on est habitué en France, et donc parfait pour être un poil plus original.

Ceci étant, si vous êtes plus porté sur le Made in France, la Fédération du Whisky de France a justement mis à jour sa carte des distilleries de whisky françaises. Celles qui sont productives sont indiquées en jaune. Pas mal de nouvelles pistes à explorer donc !

Pour vos commandes d’ailleurs, deux lieux font parler d’eux sur Paris notamment : Drinks&Co, un concept store dans le quartier St Lazare, et La Compagnie du Mieux Boire (LCMB) qui a ouvert pour les fêtes son magasin éphémère intégralement consacré aux spiritueux français, au 11 rue du Pont au Choux (75003). À Bordeaux sinon : Émile & Marguerite et son impressionnante sélection 100% française est sans conteste un incontournable désormais. Bien entendu si vous n’êtes pas sur place, sachez que tous proposent de la vente en ligne.

Côté CHR

Sur une note moins festive, et alors qu’il faudra encore attendre fin janvier (minimum ?) pour la réouverture des bars et restaurants, Business & Marchés a donné la parole à Paul Chantler (fondateur de FrogPubs). Ce dernier alerte à son tour sur les conséquences catastrophiques qui pèsent sur le CHR et toutes ses dépendances (fournisseurs, producteurs, techniciens, prestataires divers, …) si davantage n’est pas fait.

A défaut, peut-être faudra-t-il suivre la voie de ce propriétaire de bar à Tequila de Nottingham (UK) qui, pour rester ouvert, à demandé à s’enregistrer comme lieu de culte, la « Church of the Four Hundred Rabbits », du nom de son bar (400 Rabbits). S’il s’agit évidemment d’une blague, son fondement n’en est pas moins sérieux. A l’instar des professionnels français du CHR, les bars et restaurants d’Outre Manche ne se sentent pas moins eux aussi les boucs émissaires de cette crise du COVID avec son lot de fermetures administratives et autres couvre-feu. Courage !

C’est tout pour cette semaine (et première édition surtout !). Merci d’avoir lu jusqu’au bout ! D’ailleurs, si vous pensez que ça peut intéresser d’autres personnes dans votre entourage, n’hésitez surtout pas à soutenir le projet en partageant tout ça sur vos réseaux ! 🙂

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