Une bonne année pour les producteurs de spiritueux ?

Vous avez été prÚs de 200 à vous inscrire à la newsletter ces derniers jours, et je vous en remercie trÚs chaleureusement !

Un grand merci Ă©galement Ă  ceux qui ont partagĂ© tout ça sur leurs rĂ©seaux, m’ont fait parvenir leur ressenti sur les premiĂšres publications parues, ou m’ont transmis des liens, complĂ©ments d’infos, etc. C’est extrĂȘmement motivant.

Aussi, j’espĂšre que ce nouveau numĂ©ro vous plaira au moins tout autant 🙂

đŸ€“ Si vous n’ĂȘtes pas encore abonnĂ© Ă  la newsletter, il n’est pas trop tard (et en plus, c’est gratuit !) : RDV ICI 💌

Quelques brÚves pour démarrer

Le gin Beefeater, Ă  dĂ©faut d’annoncer des bouteilles en papier comme sa collĂšgue Absolut Vodka, n’en est pas moins Ă©co-conscient : la marque lance au UK une nouvelle bouteille en verre 100% recyclable. Fini le bouchon en plastique et l’Ă©tiquette en PVC, ils ont Ă©tĂ© remplacĂ©s respectivement par de l’aluminium et du papier, pour une Ă©conomie annuelle de plastique estimĂ©e Ă  410 tonnes.

Du rhum péruvien ? Ca existe, et Plantation en propose justement un nouveau dans sa gamme : Plantation Peru 2006.

HSE lance une gamme de rhums arrangĂ©s avec, sans surprise, son rhum agricole AOC Martinique en base, et des fruits sĂ©lectionnĂ©s et coupĂ©s Ă  la main. Sont disponibles dĂšs Ă  prĂ©sent : 5 recettes, dont 3 variations autour de l’ananas.

La gamme HSE Arrangé

Si Paris a perdu en dĂ©but d’annĂ©e son « rum empire » qu’Ă©tait le Mabel, Marseille a vu naĂźtre pour sa part en dĂ©cembre dernier L’Atelier du Rhum. Aux manettes : Luc et Nadia Litschgi, en collaboration avec Guillaume Ferroni.

Succession compliquĂ©e, gilets jaunes, COVID-19… S’en Ă©tait trop, la cave Lavinia Paris Madeleine ferme ses portes.

CĂŽtĂ© web enfin, une communautĂ© fĂ©minine francophone autour des spiritueux est nĂ©e en ce dĂ©but d’annĂ©e : Distilleuses.

Le point Sans Alcool du Dry January

Alors que je vous faisais part la semaine derniĂšre de mon avis sur les « spiritueux sans alcool », au mĂȘme moment Spiritueux Magazine y est Ă©galement allĂ© de son petit billet sur le sujet.

Autre hasard du calendrier (ou pas 😉), la Wine and Spirit Trade Association (Royaume-Uni) a publiĂ© dans la foulĂ©e un guide de recommandations sur l’Ă©tiquetage des boissons peu ou pas alcoolisĂ©es. Quelques points notables :

  • Les boissons sans alcool, produites Ă  partir d’une base non-alcoolisĂ©e, sont sans Ă©quivoque des « softs drinks » (p20)
  • Si elles se positionnent comme des alternatives Ă  des spiritueux et que leur marketing est orientĂ© vers les adultes, la mention « sans alcool » doit ĂȘtre clairement indiquĂ©e
  • De plus, si le produit ne contient pas de gin (par exemple), il n’est pas possible de faire rĂ©fĂ©rence Ă  cette catĂ©gorie (gin) dans sa dĂ©nomination dans la mesure oĂč, si le packaging imite dĂ©jĂ  les codes de celle-ci, cela peut clairement induire les consommateurs en erreur (p18)
  • On utilisera plutĂŽt des descriptions telles que « boisson sans alcool aromatisĂ©e au geniĂšvre » etc. (comprendre : si pas de gin dans la recette, alors il faut oublier les dĂ©tours du type « alt-gin » ou mĂȘme « not gin » et consorts)
  • C’est par contre possible si la base du produit contient du gin (ou autre), auquel cas on peut indiquer « produit Ă  partir de gin » (ou autre), tout en prĂ©cisant dans quelles proportions
  • En revanche, j’ignore si c’est le Brexit ou pas, mais le document introduit une notion de « spiritueux peu alcoolisĂ©s » (p14) pour parler des boissons Ă  faible teneurs en alcool (e.g. une boisson Ă  1,2% vol. ou moins ), chose qui n’a a priori guĂšre de sens. En France du moins, oĂč sous la barre des 1,2%, on peut mĂȘme parler lĂ©galement de « sans alcool ». Par consĂ©quent, si l’on s’en tient aux rĂšgles europĂ©ennes : un spiritueux, c’est 15% vol. minimum, et donc un « spiritueux peu alcoolisé » devrait correspondre Ă  cette tranche basse, non ? (VS des spiritueux plus forts tels que le rhum, le gin ou la vodka Ă  minimum 37,5% vol.)
  • Dans le cas de ces derniers d’ailleurs, le document stipule pourtant bien qu’une mention du type « gin peu alcoolisé » n’est en aucun cas acceptable (p10)

Ces points Ă©tant posĂ©s, place Ă  la dĂ©gustation ! Le prolifique auteur Tristan Stephenson (aka The Curious Bartender) s’est prĂȘtĂ©, sur sa chaĂźne YouTube, Ă  un imposant tasting des rĂ©fĂ©rences disponibles en Anglettere (merci Ă  Yves pour le lien). Notons que l’auteur est lui-mĂȘme impliquĂ© dans la marque Three Spirits (un nom pour le moins tendancieux pour du sans alcool đŸ€”), et le bilan est assez bienveillant au final. On notera tout de mĂȘme que Seedlip est dĂ©crit grosso modo comme un « concentrĂ© de Sprite Ă  25₏ » (ce qui fait un peu cher…), ou qu’un produit comme Gimber, aussi bon soit-il, est au final qu’une sorte de concentrĂ© de ginger beer. Pratique pour le bar certainement, mais Ă  ce prix (25€ les 70cl), ça peut ĂȘtre difficile Ă  entendre.

The Curious Bartender en mode sans alcool

Un bilan 2020 positif pour les producteurs de spiritueux ?

Aux US, Ă  chaque chiffre de plus publiĂ©, ça se confirme : l’annĂ©e Ă©coulĂ©e n’a pas Ă©tĂ© si mauvaise que ça au final pour l’industrie des spiritueux. Bien au contraire mĂȘme, mĂȘme si on va le voir, des nuances importantes sont Ă  signaler (cf. plus bas).

Pour preuve, quelques chiffres 2020 (source Nielsen) glanés dans la newsletter de Mark Brown (CEO de Sazerac Company) ce lundi :

Des chiffres assez parlant donc, mais Ă  mettre tout de mĂȘme en parallĂšle avec la situation mondiale oĂč l’International Wines and Spirits Record estimait Ă  -8% la baisse de la consommation en 2020 (+ cf. les infos plus spĂ©cifiques sur les exportations irlandaises citĂ©es plus haut).

De mĂȘme, c’est sans oublier un secteur de l’hospitalitĂ© particuliĂšrement touchĂ©, en France comme chez nos voisins. En Ecosse par exemple, on y parle actuellement d’une dette de ÂŁ1,2 milliard Ă  cause du confinement.

Monter sa distillerie en 2021 : le succĂšs en 3 Ă©tapes (version trĂšs courte)

Si les datas ci-dessus (les bonnes) vous inspirent, voilà de quoi alimenter encore davantage votre réflexion :

1. Vous avez reçu un alambic Ă  NoĂ«l ? (lĂ©galement, il va sans dire). Ceci Ă©tant, vous avez dĂ©jĂ  perdu le mode d’emploi et ĂȘtes un peu perdu avec tous ces tuyaux ? Ou bien vous ĂȘtes juste curieux de mieux comprendre comment fonctionne un alambic hybride, et comment on parvient Ă  distiller aussi bien du gin que du rhum ou du whisky avec une mĂȘme bĂ©cane ? J’ai justement rĂ©alisĂ© une vidĂ©o explicative sur le sujet. Suivez-le guide !

2. Pour la suite, les iconoclastes de chez iStill (un fabriquant hollandais d’alambic qui vise Ă  dĂ©mocratiser l’accĂšs Ă  la distillation) ont lancĂ© une nouvelle offre : vous pouvez dĂ©sormais, en plus des alambics, acheter des bouteilles de spiritueux produits avec leurs machines et les recettes qui vont avec (rĂ©glages de l’iStill inclus !). C’est pas donnĂ©, loin de lĂ  (5500€ la recette de gin mĂ©diterranĂ©en tout de mĂȘme) mais ça a le mĂ©rite d’exister pour ceux qui partent de zĂ©ro et voudraient s’économiser du temps et de l’argent en R&D.

3. OK, avance rapide. Maintenant que vous avez votre jus tout prĂȘt, il ne reste plus qu’Ă  Ă©tudier (et imiter) comment Georges Clooney a rencontrĂ© le succĂšs avec sa marque de tequila Casamigos pour la revendre ensuite Ă  Diageo pour un petit milliard de dollars. En bref : de bons partenaires, de la communication et des (re)investissements. Car au final, il faut bien ĂȘtre conscient qu’avoir un bon produit, fait avec amour et tout, ne suffira probablement pas sans des piliers business bien en place.

Pour l’inspiration : Ă©cologie et innovations

Dans un autre registre, si vous cherchez un bel exemple de rĂ©ussite en France, Alambic Magazine est parti en Lorraine visiter une distillerie de whisky français incontournable : Rozelieures. De l’orge qui pousse sur ses terres Ă  la mise en bouteille, en passant par le maltage, le brassage, la distillation, et le vieillissement… S’il est un exemple qui incarne Ă  100% l’expression « from grain to glass », c’est bien celui-ci ! On y apprend mĂȘme que la distillerie est dotĂ©e de sa propre aire de mĂ©thanisation, lui permettant de produire Ă  partir de ses dĂ©chets son propre biogaz pour chauffer son unitĂ© de production entre autres ! Bravo !

Le process de fabrication « from grain to glass » de Rozelieures

Pour aller plus loin sur ce terrain, Food Print fait le point sur les pratiques Ă©co-responsables qui sont aujourd’hui adoptĂ©es et mises en Ɠuvre par un nombre croissant de distilleries. Qu’il s’agisse de fabriquer du gel hydroalcoolique en redistillant les tĂȘtes et queues de distillations prĂ©cĂ©dentes, nourrir des animaux avec ses drĂȘches, les recycler en farines utilisĂ©es en boulangerie, ou simplement rĂ©duire sa consommation Ă©nergĂ©tique (Ă  l’instar de Rozelieures) : il existe une multitude de solutions.

CĂŽtĂ© innovation : orge, seigle, maĂŻs, blĂ©, … mais encore ? Quelles sont les autres cĂ©rĂ©ales qu’on peut explorer dans le whisky ? C’est la question que de plus en plus de distillateurs nouvelle gĂ©nĂ©ration se posent. Parmi celles qu’ils expĂ©rimentent, et que l’on pourrait voir apparaĂźtre de plus en plus chez nos cavistes dans le futur : le maĂŻs bleu (Balcones Distilling, Jeptha Creed Distillery et bien d’autres), le sorgo (High Wire Distilling, Old Sugar Distillery, Jersey Artisan Distilling), l’avoine, le riz, … ou si on omet qu’il ne s’agit pas de cĂ©rĂ©ales (et donc thĂ©oriquement pas de whisky Ă  la fin, en Europe du moins) : le quinoa (Corsair Distillery) ou encore des graines d’acacia (Adelaide Hills Distillery).

Culture G(luten free)

Des spiritueux aux mentions gluten free sont apparus ces derniĂšres annĂ©es. Est-ce Ă  dire qu’ils ne l’Ă©taient pas jusqu’Ă  prĂ©sent ? En rĂ©alitĂ© : un tour de passe passe marketing pour surfer sur la tendance (et au passage gonfler la note). En effet, mĂȘme s’ils n’en font pas mention, tous les spiritueux distillĂ©es sont de facto « gluten free ». Y compris ceux Ă  base de cĂ©rĂ©ales comme le whisky, dans la mesure oĂč le processus de distillation Ă©limine le gluten du produit final (ie. contrairement Ă  l’alcool, le gluten ne s’Ă©vapore pas).

Cocktails atypiques

On connaissait le Trinidad Sour de Giuseppe Gonzalez, cocktail cĂ©lĂšbre pour sa dose de 45ml d’Angostura Bitters. Mais en existe-t-il d’autres dans ce style ? La rĂ©ponse est oui, et pour prolonger l’expĂ©rience (ou si vous avez des actions chez Angostura 😉), Chilled propose justement deux autres exemples de recettes cocktails, avec chacune 3cl du fameux bitters aromatique !

La recette d’Angostura ?

C’est tout pour cette semaine. Merci d’avoir lu jusqu’au bout ! Si vous pensez que ça peut intĂ©resser d’autres personnes dans votre entourage, n’hĂ©sitez surtout pas Ă  soutenir le projet en partageant tout ça sur vos rĂ©seaux ! 🙂

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A trĂšs vite pour d’autres distil.news !